Catastrophe de Gouache (Ville de Bafoussam, Région de l’Ouest-Cameroun)

Home|Communautés rurales|Catastrophe de Gouache (Ville de Bafoussam, Région de l’Ouest-Cameroun)

Une analyse de l’association Ci4Ca

1. LES FAITS

11 maisons d’habitation écroulées, 42 morts, 13 disparus, 6 blessés et 130 sinistrés, c’est bien le bilan du glissement de terrain survenu dans la nuit du 28 au 29 octobre 2019  dans le quartier Gouache de la ville de Bafoussam situé à l’Ouest du Cameroun.

2. LES CAUSES

  • Le relief

La région de l’Ouest fait partie de la zone agroécologique dite des hautes terres. Dans la commune d’Arrondissement de Bafoussam 1er, le relief peu accidenté présente des zones plates et des collines qui, bien que légèrement abruptes, favorisent l’érosion hydrique et crée par endroit des éboulements de terrain (quartiers Banengo, Famla, Ndiengdam et Bamendzi).

  • Occupation anarchique du sol

Au Cameroun, les constructions empiètent sur les servitudes et autres voies d’eau de pluie. De Yaoundé à Douala, en passant par Kribi, Limbe, Bafoussam, Maroua et bien d’autres villes du Cameroun, les constructions anarchiques constituent un véritable casse-tête. Tant pour les autorités compétentes que pour les populations elles-mêmes.                                                                                              

  • Les changements climatiques et l’amplification des risques de survenance de catastrophe

La Commune de Bafoussam a un climat de type d’altitude avec deux saisons : une saison sèche qui va de mi-novembre à mi-mars et une saison des pluies qui va de mi-mars à mi-novembre. Les précipitations annuelles moyennes varient entre 1600 et 2000 mm ; le mois d’aout étant le plus pluvieux.

Les variations des saisons représentent une manifestation forte des changements climatiques au Cameroun. L’arrivée des pluies à des périodes inattendus, des pluies d’une abondance meurtrière comme on peut le noter particulièrement cette année 2019 au Cameroun, à l’Ouest et dans la partie septentrionale. Selon les environnementalistes, le taux de pluviométrie enregistré cette année aurait un lien fort dans l’éboulement de terrain survenu au quartier Gouache. Cependant, des études plus approfondies de géographes et de climatologues sont en cours pour établir un lien entre le relief de la zone, le changement climatique et l’éboulement de terrain survenu le 29 octobre.

3. LES CONSÉQUENCES

  • Sur le plan social

  • Pertes en vie humaines ;
  • Blessés graves ;
  • Familles psychologiquement affectées ;
  • Populations apeurées / Populations déguerpies.
  • Sur le plan géographique

Une nouvelle configuration du relief se dessine suite aux éboulements de terrain. Les organes en charge de l’urbanisation, ceux responsables de la protection civile, et le Ministère de l’Administration Territoriale doivent prendre en compte cette nouvelle configuration dans leurs responsabilités respectives. Tandis que les populations environnantes doivent pour la plupart abandonner leurs zones dangereuses  d’habitation.

4. LES RESPONSABLES

  • L’insuffisance de l’action de l’État

  • Zones à haut risque non répertoriées et vulgarisées ;
  • Indifférence de l’administration face aux occupations anarchiques du sol ;
  • L’ignorance des populations

  • Ignorance des risques émergents de survenance de catastrophe (changements climatiques) ;
  • Ignorance / entêtement face aux risques présents ;
  • Violation des règles d’occupation du sol.
  • L’effacement de la société civile sur la question

  • Insuffisance de formations et d’informations auprès des populations des zones à risque ;
  • Manque de plaidoyer, d’interpellation du Gouvernement sur l’occupation anarchique du sol.

5. LES ACTIONS À MENER

Les populations n’auront de cesse de braver les interdictions concernant l’occupation des zones inconstructibles, elles continueront de s’exposer aux déchaînements de la nature. Face à cela, certains acteurs doivent agir. Nous ne citerons ici que les actions à mener par la société civile camerounaise suite aux grandes pertes en vies humaines de Gouache.

  • Le rôle de la société civile

  • Sensibilisation des populations habitant les zones à risque sur les catastrophes naturelles ;
  • Formation des populations sur les causes aggravant la survenance des catastrophes (changements climatiques) ;
  • Formation des populations sur les méthodes d’observation des variations climatiques dans les zones à risque ;

Mise en réseau des populations habitant les zones à risque et élaboration d’un système d’alerte en cas de danger imminent.

Post Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *